31 mai 2023

Safari en Afrique australe

Faire un safari pour voir les animaux sauvages dans leur environnement naturel est un rêve.

L’objectif principal de cet article est de partager les expériences, les observations et les conseils afin que la visite de cette partie du monde soit une réussite. Il n’a pas la prétention de recenser tout ce qui est à voir ou à faire. Des guides de voyage établis le font déjà très bien.

Pourquoi choisir l’Afrique australe

Les deux objectifs principaux étaient :

  • de découvrir des paysages variés allant des dunes de sable à la savane en passant par des montagnes à des forêts tropicales;
Spitzkoppe, Namibie
Spitzkoppe, Namibie
  • d’observer la faune sauvage dans son environnement naturel : lions, éléphants, rhinocéros, zèbres, girafes, vautours, léopards, buffles, hippopotames, antilopes et nombreuses autres espèces.

Objectifs largement atteints!

Pays visités

Afrique du Sud, Namibie, Botswana, Zambie (Livingstone – Chutes Victoria), Zimbabwe

Questions préliminaires

Il existe plusieurs façons de visiter ces pays mais plusieurs facteurs sont à tenir en compte afin de déterminer laquelle est la plus adéquate :

  1. le budget disponible
  2. la durée du voyage
  3. le nombre de participants
  4. les intérêts
  5. les niveaux de préparation et de connaissance requis
  1. Question essentielle pour déterminer ce qui est faisable ou pas car l’offre va du grand luxe au camping de base. Au-delà du coût du séjour, il faut aussi tenir en compte le prix des billets d’avion, les éventuels visas, les extras (souvenirs, repas et activités non inclus) et les pourboires.
  2. Le nombre de jours dont vous disposez à plusieurs conséquences sur :
    1. les aéroports d’arrivée et de départ, et donc sur le coût du transport
    2. le nombre de pays et les lieux qu’il est possible de visiter
  3. Le nombre de participants est crucial pour déterminer si vous pouvez organiser un tour sur mesure ou si vous devrez vous joindre à un tour organisé. Le transport public est une option si vous comptez rester dans les agglomérations mais ne l’est plus si vous souhaitez visiter des parcs nationaux.
  4. Plongée sous-marine, visites de vignobles et dégustation, immersion culturelle, safaris, musées… les possibilités sont vastes. Selon le nombre de jours dont vous disposez, il vous faudra prioriser… et faire des compromis.
  5. Ce point s’adresse tout particulièrement à celles et ceux qui veulent voyager en option « self-drive ». De nombreuses agences spécialisées proposent d’organiser la logistique du voyage, la conduite étant assumée par les participants. Cette option fort alléchante requière avoir de solides connaissances mécaniques et comprendre le terrain, les conditions météorologiques n’étant pas forcément les mêmes que celles auxquelles vous êtes habituées. Conduite à droite, routes pas toujours goudronnées, distances qui peuvent être conséquentes, services d’assistance lointains. Sans parler des autres véhicules -dont de nombreuses épaves- et de leurs conducteurs qui respectent leur propre code de la route… Bref, cette option offre beaucoup de liberté et représente l’Aventure mais requiert un niveau de préparation et des responsabilités supérieures aux autres options.

Organisation du voyage

Une fois les réponses clarifiées, il faut beaucoup chercher, comparer, valider car l’offre est énorme.

Malgré les efforts pour convaincre des amis de réaliser ce voyage de rêve ensemble et bâtir un tour sur mesure, une seule amie était intéressée. La durée de son voyage ne pouvant pas excéder 3 semaines alors que je m’étais octroyé 5 semaines, la seule option envisageable était donc de se joindre à un tour organisé qui réponde à nos attentes et contraintes.

Dates souhaitables en tête, l’écumage de sites web commença. Tâche dantesque tant il y a de tours. Mais afin d’y voir plus clair, je bâti un fichier Excel avec les informations pertinentes : date de départ – lieu de départ – date d’arrivée – lieu d’arrivée – nombre de jours – options de logement – prix – sites visités – page web.

Tout en gardant un œil sur les horaires et les tarifs des billets d’avion -les aéroports de Maun (Botswana), Kasane (Botswana) et Livingstone (Zambie) impliquent des coûts plus élevés-, la pré-sélection commença. Il fallut aussi valider les informations glanées sur les sites auprès des agences ainsi que les requis administratifs des différents pays : visas et vaccins -dont Covid-.

Commentaires

  • Saison : la saison la plus propice pour voir des animaux est le début de l’hiver austral, c’est-à-dire le début de l’été dans l’hémisphère nord. Le début de la saison sèche signifie que les animaux fréquentent les mêmes points d’eau et la possibilité d’en voir est donc accrue. Certes, les journées sont plus courtes, les températures plus fraîches -carrément froides la nuit dans les déserts- mais l’herbe n’est pas trop haute, ce qui facilite leur observation -ce qui est loin d’être évident-.
  • Voyage organisé : parcours conçus par des experts qui connaissent le terrain et ses aléas, logistique au point (repas, accès aux parcs, réservation, etc.), explications et disponibilité en tout temps, ce genre de voyage assure une -certaine- tranquillité d’esprit. En revanche, cela implique moins de liberté et peut s’avérer plus dispendieux -quoique-.
  • Voyage d’aventure : au-delà des compétences en navigation, mécanique et logistique, il faut être débrouillard et être flexible car rarement tout se passe comme prévu. Un pépin en cours de route peut impliquer un retard à l’arrivée qui occasionnera des coûts additionnels (billets d’avion, hébergement non planifié, etc.). La technologie moderne facilite la vie mais n’empêche pas les embûches sur la route.
  • Type d’hébergement : camping ou lodge ? Pensez aux températures nocturnes et à la durée du tour. Tout en gardant un œil sur le budget.
  • Groupe : informez-vous sur le nombre de participants et le type de véhicule. Être 10 dans un véhicule pour 24 personnes laisse de la place à la fenêtre pour tout le monde, ce qui n’est pas le cas si le véhicule est bondé.
  • Types de participants : certaines compagnies proposent des tours réservés aux moins de 39 ans et d’autres sont réputées auprès de baroudeurs plus intéressés pour faire la fête que de s’imprégner de culture locale.

Recommandations

  • Pour profiter pleinement de votre séjour, n’hésitez pas à poser des questions, à valider des informations sur la météo, les options, les heures d’ouverture… surtout si votre séjour est court. Il est vraiment dommage de visiter Le Cap et de ne pas pouvoir prendre le téléphérique pour la Table Mountain à cause d’une météo capricieuse.
  • Repérer des guépards se reposant à l’ombre d’un acacia à 30 mètres de la route n’est pas chose aisée. Ayez recours à des guides chevronnés qui vous feront gagner du temps et de l’argent. Ils vous emmèneront à la rencontre des animaux sauvages et vous apprendront tout ce qu’il y a à savoir sur leur habitat et leur comportement.
  • Intéressez-vous aux locaux. Le but principal d’un tel voyage n’est pas forcément de comprendre les enjeux actuels d’un immigrant zimbabwéen ou des tensions entre les différentes ethnies mais un degré de curiosité envers les habitants est un signe de respect qui sera très apprécié. Nous sommes chez eux.
  • Intéressez-vous aux cultures locales. De nombreuses ethnies peuplent l’Afrique australe, chacune avec ses coutumes et ses traditions. Demandez au guide pourquoi la coiffe des femmes Héréros ressemble aux cornes d’un taureau ou pourquoi les femmes Himba s’enduisent le corps d’argile rouge.
  • Le Rand sud-africain étant aussi utilisé en Namibie, changez vos devises en Afrique du Sud au lieu d’utiliser une carte de crédit. À moins que payer des frais bancaires ne vous pose pas de problème.
  • Un feu de camp et une veillée bien arrosée sont les bienvenus mais pensez au repos du chauffeur qui vient de passer de longues heures au volant et à celui du guide qui se lèvera avant tout le monde pour préparer le petit-déjeuner. Pour votre sécurité, il vaut mieux qu’ils soient bien reposés pour commencer une autre longue journée. Pensez à eux.
  • Respectez les lieux, leurs habitants et les autres voyageurs. Mettre de la musique à tue-tête peut paraitre une bonne idée mais profitez plutôt de l’occasion pour se laisser envouter par le silence ou pour écouter les rugissements d’un lion.
  • Même si cela peut frapper les esprits, ne jetez pas de nourriture, même entamée. Placée-la dans des sacs et laissez-la bien à la vue ; elle remplira un estomac.
  • La pauvreté est visible partout et l’héritage de la colonisation et de l’Apartheid en Afrique du Sud est encore palpable donc une dose d’humilité est de mise. Un pourboire qu’un dollar représente beaucoup pour un guide local qui doit payer l’école de ses enfants. Et pas grand-chose pour qui peut se payer une bouteille de vin.
  • Faites attention. L’insécurité est un problème auquel sont confrontés tous les habitants de ces pays. Fils barbelés, barreaux, caméras et gardiens de sécurité sont visibles partout.
  • Soyez prudents en respectant le territoire des animaux sauvages et de ne pas les approcher.
  • Soyez prévoyants. Les maladies comme la malaria et le VIH/sida sont des risques majeurs en Afrique du Sud. Prenez des médicaments antipaludiques et protégez-vous contre les maladies sexuellement transmissibles.

Conclusion

Un safari est un rêve qui s’est concrétisé. Un séjour synonyme de paysages somptueux et d’animaux majestueux, chaque espèce à sa place, dans un rôle défini par l’évolution.

Mais il ne faut pas oublier les Humains, confrontés à la voracité des entreprises, à la déprédation des élites corrompues, à l’immigration illégale, aux tensions ethniques et aux problèmes sociaux et économiques qui débouchent sur une pauvreté matérielle à l’opposé de l’opulence matérielle dont nous jouissons dans le monde occidental.

En observant la vie quotidienne et en échangeant avec des locaux mais aussi des émigrants (Zimbabwéens, Camerounais, Malawiens, Kényans…), il est évident que nous partageons la même planète mais vivons dans des mondes diamétralement opposés. Et pourquoi les revenues des ressources naturelles dont regorge le continent ne profitent pas à ses habitants ? Et cette injustice criante se traduit par des revendications qui, au fil du temps, se radicalisent. Le ras-le-bol est palpable.

De quoi revenir d’un tel voyage avec une dose additionnelle d’humilité et de gratitude car avoir de l’eau courante, des gadgets matériels pour combler nos lubies, un système de santé imparfait mais existant et de vivre sans fil barbelé représente une chance incroyable.

Profitons-en et chérissons-là. La grande majorité des personnes qui ont égayé le périple ne peuvent même pas se l’imaginer.

Bon voyage !

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Voyageur et photographe, le monde est mon terrain de jeu.

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